La vie du révérend Sun Myung Moon 

Sun Myung Moon est né le 6 janvier 1920 à Sangsa-ri, dans la province de Pyeongan Nord, aujourd’hui en Corée du Nord. Les Moon  étaient une  famille de paysans. Leurs ancêtres avaient travaillé la terre sans interruption depuis des siècles. Enfant, il avait l’œil pour observer la nature, et toute sa vie, ses sermons ont évoqué les premières leçons que dame nature lui a prodiguées. Son instruction formelle commença au sodang (école primaire traditionnelle).

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Il y étudia la philosophie confucéenne et apprit à lire et à écrire les caractères chinois. Dans la première partie du xxe siècle, la foi chrétienne se propagea rapidement en Corée. Vers 1930, la famille Moon, touchée par la maladie, avait reçu l’aide de l’Église presbytérienne et se convertit au christianisme. Le jeune Moon devint vite un catéchiste populaire pour les enfants du village.

À l’époque, le Japon occupait la Corée et voulait y imposer la pratique de la religion Shinto. Se déclarer chrétien était dangereux. Cette oppression durait depuis quarante ans déjà et ayant grandi dans ces circonstances, le jeune Moon se frotta très tôt à la souffrance humaine. Il vit l’injustice et la douleur chez les siens, livrés aux mains des maîtres japonais. Adolescent, il voulut saisir d’où vient la souffrance et comment y mettre fin. L’église lui apprit que la religion touche à l’essence de la condition humaine qu’elle promet un monde idéal à ceux qui croient en Dieu et Lui obéissent. Mais il vit bien que les religions, malgré leur ancienneté et le poids des textes sacrés, n’ont pu résoudre une foule de problèmes existentiels ni donner de réponses aux injustices et aux tragédies. Toujours plus troublé par l’immense fossé entre les idéaux religieux et la réalité du monde, il entama sa propre quête de solutions par une vie de prière et d’étude.

1935 : Une rencontre avec Jésus

Sun Myung Moon rapporte que sa vie bascula un matin de 1935. À Pâques cette année-là, il était allé gravir les collines avant l’aube pour prier. Jésus lui apparu et lui dit que Dieu l’avait choisi pour une tâche extraordinaire. La souffrance humaine continuait, ajouta le Christ, car l’œuvre de Dieu pour le salut restait inachevée. Puis Jésus lui demanda d’assumer la tâche d’amener la paix à l’humanité, la mission même que Jésus avait commencée 2 000 ans auparavant. Cette rencontre le bouleversa. Comment pouvait-il donc, si jeune, poursuivre l’œuvre de Jésus ? Il se sentait ni digne ni qualifié et il voyait la difficulté qu’impliquait nécessairement pareille tâche. Mais devant l’insistance de Jésus, et après avoir prié et réfléchi,  il finit  par accepter. Il promit que cette mission colossale serait la sienne.

1935-1941 : En quête de réponses

Dans les années qui suivirent, le jeune Moon intensifia l’étude de la Bible et d’autres enseignements religieux afin de mieux comprendre la cause des grands problèmes du monde et de trouver la solution à la souffrance humaine. Il développa un lien profond avec Dieu, reniant ses désirs personnels et menant une vie de stricte discipline. C’est ainsi qu’il en vint à comprendre la souffrance de Dieu, brûlant de retrouver Ses enfants perdus. Il comprit le cours difficile que doit prendre l’humanité pour revenir vers Dieu et établir la paix sur terre.

Il ne se limitait pourtant pas à des objectifs spirituels. Comme bien des jeunes gens de sa province, il guettait le jour où le joug colonial japonais prendrait fin. Les occasions d’exprimer son patriotisme étaient rares,  mais au printemps de 1938, alors qu’il sortait diplômé de l’école secondaire de Jeongju, il saisit sa chance.

L’usage voulait que les jeunes diplômés lisent un bref discours pour remercier leurs enseignants. Sun Myung Moon, alors âgé de dix-huit ans, était le dernier de la liste. « Laissez-moi vous dire quelque chose… » commença-t-il. Sur ce, il se lança dans un réquisitoire inattendu et inédit du système éducatif tout entier. Passant ensuite les professeurs en revue, il analysa leur caractère, évoquant les effets de leur pédagogie si on les laissait continuer. Il fit des suggestions et passa au sujet suivant. Visant les dirigeants, il les appela à bien guider le pays. Ce fut un signe précurseur de sa volonté de parler sans craindre les représailles. Cela dura une bonne heure au grand plaisir des étudiants. La police releva son nom.

Peu de temps après, il gagna la capitale, Séoul, pour continuer ses études. Sa quête de vérité s’intensifia. Il passait de longues nuits en prières, jeûnait et étudiait les Écritures. Parallèlement, le monde naturel lui livrait de larges aperçus sur la nature de Dieu.
Durant cette période, il prit part à différents services religieux. En écoutant les prédicateurs, il sut que quelque chose de fondamental leur manquait. Il sentait que Dieu voulait qu’il leur parle de sa nouvelle compréhension, mais ceux-ci ne furent pas réceptifs à ses efforts de partage.

1941-1943 : Les années d’étude au Japon

À la fin de l’année 1941, le jeune Moon poursuivit ses études au Japon dans un collège technique affilié à l’université Waseda de Tokyo d’où il sortit ingénieur en électricité.

Au Japon, il rencontra d’autres étudiants coréens acquis au mouvement d’indépendance clandestin et au gouvernement coréen en exil à Shanghai. Ils se réunissaient en secret, mais furent vite exposés. Lui et quelques autres furent arrêtés et torturés avant d’être relâchés. Ce fut la première période d’une série de six emprisonnements.

À Tokyo, il y avait des chrétiens et des communistes parmi ses amis. Tous voulaient bâtir un monde meilleur, mais comme ils ne s’entendaient pas sur la méthode, leur coopération était impossible. Plus convaincu que jamais que la réponse devait venir de Dieu, il approfondit son étude de la Bible.

Il se disciplina dans ses études, s’entraînant aussi à relever toutes sortes de défis physiques, et à travailler plus dur ou plus vite que les autres, afin de survivre avec moins de nourriture, dans les tâches les plus ardues. Nombre de ses compatriotes disaient parfois leur haine ouverte des Japonais qui réprimaient si durement la Corée. Le jeune Moon sentait que l’ennemi à abattre n’était pas simplement le Japon, mais toute l’injustice et les maux du monde. La guerre affecta finalement le quotidien au Japon, et la classe du jeune Moon passa son diplôme en six mois en septembre 1943.

1943-1946 : Retour à Séoul

Peu après son retour en Corée, il épousa Sun-kil Choi, issue d’une famille presbytérienne respectable. Employé le jour comme ingénieur électricien, il passait de longues heures tard dans la nuit à étudier la Bible, fréquenter l’église, et servir les gens.

La guerre prenant mauvaise tournure pour le Japon, les autorités nippones se mirent à éradiquer les indépendantistes à Séoul. Le jeune Moon, qui avait déjà un dossier d’activités indépendantistes au Japon, fut arrêté et soupçonné d’être communiste. Il fut sévèrement interrogé et torturé. Il répéta sans cesse qu’il était chrétien et non pas communiste, mais refusa de donner le moindre nom. Après l’avoir détenu plusieurs semaines, la police le relâcha.

Le Japon se soumit aux Alliés le 15 août 1945. La Corée fut ainsi libérée de l’occupation japonaise. Le révérend Moon considère ce jour comme le début de son ministère public.

Un incident révèle un trait remarquable de son caractère. La guerre venait de s’achever et il apprit que certains de ses amis projetaient de s’en prendre à des policiers japonais. Même s’il avait tant souffert entre leurs mains, il supplia ses amis d’écarter toute idée de violence. « Le Japon est fini, dit-il. Il a échoué. Le pays a déjà perdu sa puissance et Dieu le punira s’il le faut. Inutile de se venger. » C’est ainsi qu’ils abandonnèrent leurs plans. Plus tard, il conseilla discrètement à de nombreux Japonais qui demeuraient à Séoul de partir, avant d’être malmenés. En secret la nuit, il en aida quelques-uns à faire leurs valises.

Depuis sa rencontre avec Jésus dix ans plus tôt, il n’avait jamais parlé à personne de sa mission. Mais maintenant, soulagé de la surveillance des autorités d’occupation, il se sentait libre de partager ses connaissances spirituelles, aujourd’hui connues sous le nom de Principe divin.

Le Principe divin révèle que Dieu est un parent aimant qui a créé les êtres humains pour être les partenaires de Son amour. Dieu est tout-puissant et omniscient, mais sans être le créateur distant de la théologie traditionnelle.

Selon le Principe divin, même Dieu ne peut connaître la plénitude sans l’amour de Ses enfants. Il a besoin des êtres humains pour être heureux. Tragiquement, à cause de la séparation de l’humanité d’avec Dieu, nous ne sommes pas devenus Ses partenaires d’amour. Le monde idéal que Dieu avait prévu n’a pu se réaliser, mais Il continue à travailler derrière les aléas de l’histoire humaine pour ramener à Lui Ses enfants et atteindre Son but. Dans le Principe divin et dans tous ses enseignements ultérieurs, le révérend Moon témoigne de la frustration que Dieu a toujours ressentie.

Du début à la fin, le Principe divin parle de l’effort de Dieu pour restaurer la famille. L’idéal que Dieu projetait à l’origine devait d’abord s’incarner dans la famille de nos premiers ancêtres. Mais leur échec a causé la corruption et la confusion de la famille, entraînant la méfiance et la violence. Aux yeux de Dieu, le but de l’histoire est de restaurer l’humanité, de démêler les nœuds du péché et d’établir une famille unie en Dieu : le Royaume de Dieu sur la terre comme au ciel.

Offrant une lecture inédite des textes judéo-chrétiens, le Principe divin révèle la providence pour restaurer la famille. En fait, tout le travail providentiel de Dieu dans l’histoire est d’établir une famille centrée sur Dieu, la « vraie famille » qui servira de base pour la restauration du monde.

Les conditions étaient certainement propices pour le message du révérend Moon. Même aujourd’hui, beaucoup saluent la ferveur du christianisme en Corée. En 1973, le révérend Billy Graham fut si frappé par la vitalité spirituelle des Coréens qu’il prédit que leur pays ne tarderait pas à envoyer des missionnaires en Occident. Sun Myung Moon n’avait pas l’intention de créer une nouvelle religion, il souhaitait plutôt travailler avec les chrétiens de toutes les dénominations pour édifier le Royaume de Dieu sur la terre. Il allait visiter chaque église pour partager son nouveau message, mais ses enseignements furent rejetés.

Cependant, beaucoup de pasteurs s’alarmèrent de son impact sur leurs fidèles. On répandit le bruit qu’il propageait de « faux enseignements ». Ses efforts pour atteindre les églises chrétiennes ayant frapper un mur, il comprit qu’il avancerait seul sur un chemin difficile.

1946-1950 : Ministère et prison en Corée du Nord

Avant la Deuxième Guerre mondiale, l’épicentre du christianisme coréen était Pyeongyang, l’actuelle capitale de la Corée du Nord. Les églises y étaient si ferventes qu’on l’appelait la « Jérusalem de l’Orient ». En 1946, obéissant à l’appel de Dieu, le révérend Moon s’y rendit.
Les attentes messianiques des églises de Pyeongyang étaient fort intenses. Certaines avaient même reçu des révélations comme quoi le Messie naîtrait en Corée. Dans ce contexte agité, Sun Myung Moon se mit aussitôt à enseigner dans les assemblées et les réunions de prière. Les séances se prolongeaient souvent tard dans la nuit.

Il prêchait de plus en plus ouvertement, malgré le gouvernement communiste, farouche adversaire de la religion. Prédicateur pauvre avec un autre regard sur la Bible, et nouveau venu en ville, le révérend Moon était seul, vulnérable et exposé. Il devint l’une des premières figures religieuses à être la cible des communistes.

Les autorités nord-coréennes finirent par l’arrêter pour « troubles à l’ordre social ». Il fut détenu plusieurs semaines et brutalement torturé. On l’accusait d’être un espion à la solde des Américains, mais un fonctionnaire soviétique le déclara finalement « innocent » et il fut relâché. Il était si gravement blessé que la police le crut mort et jeta son corps dans la cour de la prison. Ses disciples l’emportèrent presque sans vie pour le soigner. Il survécut, reprit des forces et poursuivit sa prédication, indomptable.

Les pasteurs chrétiens s’inquiétaient de plus en plus, tant son message et son enseignement attiraient les gens de leurs congrégations. Ils se plaignirent aux autorités. Ainsi en 1948, il fut arrêté à nouveau et, après un simulacre de procès, condamné à cinq ans de prison. Il fut envoyé au camp de Heungnam, un bagne nord-coréen conçu tel le goulag soviétique.

Entrer au camp de Heungnam c’était entrer en enfer. On exploitait les détenus jusqu’à la mort : épuisement, malnutrition, maladie. Le travail usant et écrasant consistait à charger et porter de lourds sacs d’engrais chimiques. Les maigres rations et les mauvaises conditions sanitaires favorisaient la diarrhée, la dysenterie et bien d’autres affections.

Le révérend Moon attribue d’abord sa survie à la protection de Dieu, ensuite à l’énergie qu’il tirait de sa forte conviction que le bien-être des autres importait plus que le sien. Au plan pratique, il gardait la moitié de sa ration d’eau quotidienne pour se laver, réduisant l’effet des produits chimiques sur sa peau.

Même s’il parlait ni du Principe divin  ni de sa mission, beaucoup de ses codétenus dirent plus tard qu’ils s’étaient tournés vers lui pour sa force spirituelle. Plusieurs devinrent même ses disciples, émus par son style de vie plus que par ses paroles. Il partageait ses rations avec les autres détenus et travaillait plus dur afin de compenser pour ceux qui ne pouvaient travailler. Certains avaient des visions où leurs ancêtres  les guidaient vers lui.

Sun Myung Moon entamait sa troisième année de forçat quand éclata la guerre de Corée. Le 25 juin 1950, les  troupes  nord-coréennes sous Kim Il-sung envahirent le Sud. Quelques mois plus tard, le 14 octobre, les forces onusiennes poussèrent vers le Nord et libérèrent les camps de concentration.

Plus tard, le révérend Moon expliqua que le jour de sa libération était en fait le jour où lui et d’autres détenus auraient dû être exécutés. Il a toujours exprimé sa gratitude pour les États-Unis, les Nations-unies, les seize pays constituant les forces de paix de l’ONU et les Coréens qui non seulement se battirent pour la libération coréenne, mais qui lui sauvèrent également la vie.

Après sa libération, au lieu de suivre le flot de réfugiés vers le Sud, il partit pour Pyeongyang à la recherche de ses disciples. Or la plupart avaient déjà fuit; il n’en retrouva que quelques uns. Le 4 décembre, il se mit en marche accompagné de deux disciples, Won-pil Kim et Jung-hwa Park lequel avait la jambe cassée. Sa propre famille l’avait abandonné, de peur qu’il ne les ralentisse. Mais Moon insista pour l’emmener. Durant leur périple, tantôt il le poussa sur une bicyclette, tantôt il le porta sur son dos. Le petit groupe arriva enfin à Busan, tout au sud de la péninsule, le 28 janvier 1951.

Un nouveau commencement

1951-1953  : Tout reprendre à Busan

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La ville portuaire de Busan était surpeuplée, car des centaines de milliers de gens s’y étaient réfugiés. Dans cette mer humaine, le révérend Moon réussit à retrouver Duk-moon Eom, un de ses amis depuis ses études au Japon, qui l’invita à rester chez lui, devenant par la suite un de ses nouveaux disciples. Pour survivre, Sun Myung Moon travailla comme débardeur et aida son disciple Won-pil Kim à vendre les petits tableaux qu’il peignait aux GI américains.

En mai, il quitta la maison de Eom et il bâtit avec Kim, à flanc de colline, une cabane de six mètres carrés, faites de boîtes de rations. Trois personnes à peine pouvaient y dormir.

Un autre de ses premiers disciples à Busan, Hyo-won Eu, était doué pour enseigner et écrire. Il collabora plus tard avec le révérend Moon pour produire la deuxième version du Principe divin, devenue depuis l’enseignement officiel.

Avec à peine de quoi manger et une seule tenue à se mettre, le révérend Moon proclama au petit noyau qui l’entouraient qu’un jour son message se répandrait autour du monde. Il prophétisa que les gens du monde viendraient vénérer cette sinistre colline et la petite hutte de boue. Même ses disciples doutaient de ces prédictions.

Après plusieurs mois, il retrouva enfin son épouse, Sun-kil Choi. Mais, pris par l’urgence de sa mission et les besoins de son noyau croissant de disciples, il continua à se consacrer nuit et jour à sa mission. Cela lui laissait peu de temps pour sa jeune famille. Après cinq longues années de séparation, sa femme n’acceptait plus qu’il se dévoue exclusivement à sa mission. Par la suite, les disciples ont reconnu avoir trop tardé à s’apercevoir que les Moon avaient aussi besoin de temps ensemble.

Les Choi, une famille très chrétienne, n’avaient jamais pu se faire à l’enseignement du révérend Moon. Se dévouer ainsi à sa communauté au détriment de sa famille, c’en était trop. On divorçait alors très peu dans la société coréenne, mais sur l’insistance des Choi, le mariage prit fin, malgré les demandes répétées du révérend Moon à son épouse de ne pas rompre. Leur fils Sung-jin suivit toutefois son père.

En 1952, Yo-han Lee, un pasteur presbytérien et Hyun-shil Kang, une évangéliste presbytérienne, adhérèrent au groupe. La croissance des fidèles améliora l’atmosphère. L’année suivante, le révérend Moon put envoyer Hyun-shil Kang et Yo-han Lee comme missionnaires à Daegu pour établir la première église pionnière. Après la déclaration d’armistice de la guerre de Corée en 1953, il visita Séoul pour y organiser des activités missionnaires. En mars 1954, lui et ses disciples s’y établirent de façon permanente.

1954-1959 : Fonder une église

Le 1er mai 1954, à Séoul, le révérend Moon donna à son ministère une nouvelle direction en fondant l’Association de l’Esprit Saint pour l’Unification du christianisme mondial dont le nom populaire allait devenir « Église de l’Unification ». Malgré son plan originel de travailler avec les groupes chrétiens en place, après plus d’une décennie de rejet et de persécution, il devint évident qu’il devait former un nouveau groupe portant son empreinte pour pouvoir aller de l’avant.

Toujours est-il qu’on s’étonnait, surtout dans les milieux chrétiens, en entendant le nom choisi par le révérend Moon pour la jeune église : trop grand, voire prétentieux. On voyait mal ce groupuscule faire bouger la Corée, alors parler de « christianisme mondial » !
Or la petite église fit la une en Corée, bien plus tôt qu’ils ne l’avaient anticipé. Des étudiantes de l’université voisine d’Ewha, se mirent à affluer à ses services. Avec toutes ces étudiantes adhérant à l’église, l’école envoya des professeurs pour enquêter.

Au printemps de 1955, l’université alla jusqu’à une mesure inouïe : renvoyer cinq professeurs et expulser quatorze étudiantes, dont cinq en fin d’études. Seul motif : leur appartenance à l’Église de l’Unification. L’université Yonsei connut un incident similaire, mais sur une plus petite échelle.

Jusqu’alors, la presse avait sympathisé avec l’Église de l’Unification en rapportant les injustes tracas des universités contre ces étudiants et ces professeurs. Le ton changea soudain et l’on commença à imprimer des rapports hostiles sur le révérend Moon et ses activités. Il fut arrêté de nouveau. Il fut relâché au bout de quelques semaines et déclaré innocent. Mais la presse fit si peu de cas de son innocence que les gens n’y firent pas attention.

À partir de cet épisode, les dirigeants des églises et des écoles chrétiennes s’opposèrent vigoureusement à chaque adhésion de leurs membres à l’église du révérend Moon. Des rapports anonymes alertaient les autorités de Séoul : ce traître aurait échappé à la conscription. Une variante était l’accusation de se livrer à la débauche avec des membres de l’église, actes qui auraient été anathèmes par rapport aux enseignements et aux pratiques de base du mouvement. Voilà les mensonges proférés contre le mouvement de l’Unification.

Le révérend Moon finit par être arrêté une fois de plus, et la presse redoubla dans le sensationnel. Cette fois, il fut détenu pendant trois mois à la prison de Seodaemun. Son procès révéla que, durant les années où on l’accusait d’avoir fui la conscription… il était détenu en Corée du Nord ! Toutes les charges tombèrent. Les rumeurs de débauche s’avérèrent sans fondement elles aussi. La cour réprimanda ceux qui avaient fait courir ces bruits. Le jour de sa libération, la presse fut très discrète. Cependant, aujourd’hui encore, ces rumeurs circulent toujours.

Au milieu de cette persécution, le révérend Moon guidait un groupe florissant de fidèles, qu’on surnommait « église des pleurs » à cause de leurs prières pleines de larmes. En 1957, des branches de l’église avaient essaimé dans 30 villes de Corée. Des missionnaires unificationnistes allèrent en pionniers dans 116 autres villes.

Des sessions de formation pour des missionnaires internationaux se mirent en place. À la fin des années 1950, les premiers d’entre eux furent envoyés : Sang-ik Choi au Japon en 1958 ainsi que Young-oon Kim et David S.C. Kim aux États-Unis en 1959. Le colonel Bo-hi Pak les y rejoignit  en 1962.

En 1963, le révérend Moon fonda la troupe de danse des Little Angels (Petits Anges), qui, par l’art et la culture, avait le pouvoir de toucher les gens de tous les milieux. Les Little Angels ont introduit la culture coréenne au monde entier en donnant plus de 1 800 représentations dans 40 pays.

1960-1970 : Expansion du fondement

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Le 16 mars 1960, le révérend Moon épousa Mlle Hak Ja Han, la fille d’une de ses premières disciples. Elle et sa mère étaient de ferventes chrétiennes qui avaient fui vers le Sud durant la guerre de Corée. Elles adhérèrent peu après à l’Église de l’Unification. Âgée d’à peine dix-sept ans au moment de ses noces, Mme Hak Ja Han est à présent mère de 14 enfants et elle a plus de 40 petits-enfants.

Avec pour doctrine qu’un bon mariage et une famille centrée sur Dieu sont la clef pour restaurer toute la famille humaine, la Bénédiction en mariage des Moon fut le point de départ d’une série de Bénédictions pour les membres de l’église, commençant avec trois couples, puis 36, 72 et 124 couples. La tradition des mariages de groupe était née.

Des périodes estivales de quarante jours d’évangélisation et d’éducation démarrèrent en juillet 1960, avec 659 membres de 413 églises assignés en divers lieux de la Corée. La flamme nationale devait être ranimée avec une nouvelle vision et un espoir pour l’avenir.

De jeunes volontaires enseignaient les récits bibliques et donnaient des exposés sur le Principe divin. Dans un pays encore divisé et menacé par le Nord communiste, chaque été, ils enseignaient la théorie de la « Victoire sur le communisme ». Alphabétisant les enfants et les adultes, ils lançaient des projets d’entraide dans les villages. À cette époque, la Corée restait sous-développée. Ces efforts posèrent les bases du Saemaul Undong, le mouvement des nouveaux villages qui amena la prospérité économique sous le président Park Chung-hee.

La Fédération internationale pour la victoire sur le communisme fut le premier des nombreux  projets que le révérend Moon lança au début des années 1960 pour trouver une issue pacifique au communisme. Face au voisin armé et hostile du Nord, une conviction idéologique et morale était une nécessité absolue en Corée du Sud. Le communisme, axé sur l’athéisme, est dans l’erreur, affirmait-il. La théorie dialectique du progrès par la lutte des classes est fausse. Convaincu que les idées, bien plus que les armes ou l’argent, peuvent défaire le matérialisme dialectique, il a développé une contre-proposition, appelée dieuisme, axée sur les principes universels qui voit le vrai progrès dans l’harmonie et la paix plutôt que dans le conflit.

En 1965, il fit son premier tour du monde, visitant 40 pays, dont le Canada. En 1969, il voyagea de nouveau, visitant le Japon, les États-Unis et l’Europe. Pour la première fois, il offrit la Bénédiction en mariage à des couples internationaux.

Travailler aux États-Unis

1971-1975 : Croissance et succès

Le révérend Moon arriva aux États-Unis en 1971. Il espérait qu’un succès aux États-Unis amènerait des retombées mondiales pour son ministère. En arrivant, il tint d’abord à remercier les États-Unis pour leur rôle. Ils avaient libéré sa patrie du Japon après la deuxième guerre mondiale puis de l’invasion nord-coréenne durant la guerre de Corée. Mais il savait que Dieu attendait bien plus d’un pays si richement béni. Dans un sermon des débuts, il dit que les États-Unis s’étaient éloignés de leurs idéaux de départ.

Quelques mois à peine après être arrivé aux États-Unis, avec le but d’y faire revivre ses valeurs judéo-chrétiennes  traditionnelles, le révérend Moon commença la tournée du « Jour de l’espoir » le 3 février 1972 au Alice Tully Hall du Lincoln Center de New York. Après un tel début, il passa à sept villes majeures des États-Unis. Le 1er octobre 1973, il entama la deuxième tournée, pour parler dans vingt-et-une villes. Une troisième tournée de conférences commença en 1974 et couvrit trente-deux villes. C’est ainsi que le 23 décembre 1974, il boucla sa tournée du « Jour de l’espoir » dans tous les 50 États.

Début 1972, l’Église de l’Unification avait des centres dans dix États. Le révérend Moon sillonnait les États-Unis en minibus, faisant souvent des centaines de kilomètres par jour pour tenir des réunions évangéliques dans tout le pays. Des missionnaires furent envoyés à la fin de l’année dans les quarante États restants pour créer davantage de centres de l’Église de l’Unification. Il mobilisa ensuite des jeunes membres dans des équipes d’évangélisation appelées One World Crusade. Les équipes allaient d’État en État pour évangéliser, et des milliers de jeunes ne tardèrent pas à accepter son message.

Au début de 1974, le révérend Moon attira l’attention de la presse nationale en soutenant le président Richard Nixon alors aux abois dans le scandale du Watergate. Il encouragea Nixon à être franc avec les Américains, appelant ces derniers à « pardonner, aimer et s’unir ».

Personne ou presque à l’époque ne voulait se tenir au côté d’un président impopulaire en passe d’être destitué. L’appel du révérend n’essuya que du mépris, alors que son message incarnait l’essence de la pratique chrétienne : « pardon, amour et unité ».

Peu après la démission de Nixon, la quatrième tournée nationale d’évangélisation du révérend Moon commença avec son discours au Madison Square Garden de New York le 18 septembre 1974, devant une foule de 25 000 personnes. Durant les semaines de campagne, des centaines de volontaires avaient placardé la ville d’affiches colorées proclamant : « Le 18 septembre pourrait être le jour de votre nouvelle naissance. » Les journaux du soir évoquaient les préparatifs.

Cet effort de publicité et les retombées de l’appel « pardonner, aimer et s’unir » finirent par faire du révérend Moon un des figures les plus exposées à l’attention des Américains. Lorsque le programme commença, le soir du 18 septembre, chaque siège du Madison Square Garden était occupé.

Certains étaient venus écouter le nouveau message de l’Orient, et d’autres étaient venus manifester contre ce qu’ils voyaient comme une menace. À l’intérieur,  au milieu d’une foule bruyante, des perturbateurs interrompirent l’orateur qui allait entamer son discours. Il fit le silence, puis se mit à chanter. Pareille réponse si inattendue calma les perturbateurs. Le révérend Moon commença alors un discours de deux heures, avec toute sa fougue et son ardeur. L’hostilité continuait au dehors, et les forces de sécurité eurent une nuit agitée.

La tournée gagna ensuite Philadelphie, Washington, Atlanta, Chicago, Seattle, San Francisco et Los Angeles. Au cours de l’année, le révérend Moon parla à des milliers de responsables de la société dans l’ensemble des cinquante États.

En octobre, répondant à une invitation du Congrès des États-Unis, le révérend Moon donna un discours intitulé « L’Amérique dans la providence de Dieu », et l’année suivante, il revint au Capitole parler du « plan de Dieu pour l’Amérique. »

1975-1976 : Expansion mondiale

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Fort  de ces succès remarquables aux États-Unis, le révérend Moon regagna la Corée pour y continuer ses Festivals du jour de l’espoir, accompagné d’une équipe de centaines de jeunes disciples américains, européens et asiatiques.

Après un premier banquet à l’Hôtel Choseon le 16 janvier 1975, les Festivals du jour de l’espoir attirèrent en tout 500 000 personnes dans neuf villes : Busan, Daegu, Séoul, Incheon, Jeonju, Kwangju, Daejon, Cheongju et Chuncheon. L’équipe conclut sa tournée en Corée, puis gagna le Japon. Là, un total de 300 000 personnes dans sept villes prit part à ces réunions. L’Église de l’Unification avait atteint le stade mondial.

En mai 1975, avec des Églises déjà établies en Corée, au Japon, en Amérique du Nord, et dans de nombreux pays d’Europe de l’Ouest, le révérend Moon envoya des équipes de missionnaires internationaux dans des pays d’Asie, d’Afrique, du Moyen-Orient, d’Amérique latine et d’Océanie, portant à 120 le nombre total de missions de l’Église.

Les missionnaires touchèrent les personnes de leur pays de mission avec le Principe divin, l’enseignement du révérend Moon sur Dieu et Son idéal. Et ce n’est pas tout : un autre outil fut la Fondation mondiale de secours et d’amitié (FMSA), une agence humanitaire établie en 1975.

La FMSA a offert une aide humanitaire à des individus et des familles brisées par la pauvreté, la maladie, les désastres naturels, les guerres et les conflits. Elle a fournit des vivres, des médicaments et des vêtements de fortune en Afrique, en Amérique du Sud, en Asie et en Océanie. Spécialement en Afrique, elle s’est impliquée dans le parrainage d’écoles et dans l’éducation pour les enfants et les adultes au cœur des communautés. Plus récemment, elle était aussi présente avec de la nourriture, des médicaments et diverses fournitures après les attaques du 11 septembre 2001, le tsunami en Asie du Sud-Est et l’ouragan Katrina dans le Sud des États-Unis.

En réaction à la menace croissante du communisme en Asie, un rassemblement mondial pour la liberté de la Corée s’est tenu à Séoul le 7 juin 1975. Saïgon était tombé sous le communisme le 30 avril, et par ce rassemblement, il s’agissait d’éveiller les Coréens à une menace bien réelle et imminente qui les guettait : celle d’une autre poussée du communisme, avec la possibilité d’une nouvelle attaque du Nord. Le révérend Moon prononça le discours principal, intitulé « La Corée dans le monde » devant un auditoire de plus d’un million de personnes. Sans compter plus de 1 000 représentants de soixante pays. La Corée n’avait jusqu’alors jamais connu de rassemblement aussi grand.

De retour aux États-Unis, le révérend Moon fonda le séminaire de théologie de l’Unification (UTS) de Barrytown, dans l’État de New York. Il voulait un institut de troisième cycle universitaire dispensant aux étudiants non seulement la théologie de l’Unification, mais aussi la philosophie et la psychologie, l’homilétique, l’histoire, les religions du monde et les textes sacrés du judaïsme, du christianisme, de l’islam et d’autres religions.

L’UTS stimulait aussi le dialogue interconfessionnel. Le révérend Moon lança la nouvelle Association de recherche œcuménique (New ERA), invitant des pasteurs chrétiens et des guides religieux de fois différentes à se joindre à son travail. Lors de la première Assemblée des religions du monde, il prôna l’entente, le débat et la coopération entre les religions pour résoudre les problèmes de pauvreté, de guerre, d’injustice et d’éclatement de la famille : banal aujourd’hui, mais très précurseur à l’époque.

Aujourd’hui, l’UTS offre un programme universitaire pleinement agréé. On en sort avec une maîtrise ou un doctorat en divinité et en instruction religieuse. L’UTS est un séminaire interconfessionnel et son corps enseignant a toujours reflété une grande diversité religieuse.

En  1976, année du  bicentenaire des  États-Unis, le révérend Moon entama une autre tournée évangélique avec un discours au Yankee Stadium de New York, le 1er juin. La lourde pluie et les vents violents juste avant le début du programme semblèrent un moment porter un coup fatal à une longue série de victoires. Mais le public tint hardiment tête aux éléments. L’événement allait commencer quand la pluie cessa et le soleil se mit à briller.

Dans son message, « L’espoir de Dieu pour l’Amérique », le révérend Moon déclara ce soir-là que les États-Unis étaient le modèle d’un idéal dépassant les barrières nationales et un microcosme du monde; ils ne pourraient garder la bénédiction de Dieu que comme pays avancé s’il s’unissaient à Dieu. Dans Sa providence, Dieu a oint l’Amérique; il a déversé en abondance Sa bénédiction sur ce pays. Il n’a pas fallu 200 ans pour que Dieu en fasse le pays le plus puissant sur la terre.

Or la bénédiction ne vient jamais seule; avec elle vient la responsabilité. En oubliant la responsabilité, on oublie la bénédiction. Fatalement, la bénédiction de Dieu s’en ira, le pays qui agit ainsi déclinera. Ne voit-on pas se dessiner déjà les signes de ce déclin dans l’Amérique actuelle ?

Dans ce qui allait devenir un thème familier, il incita alors les Américains à renouer avec l’esprit des leurs pères fondateurs, venus chercher la liberté religieuse. Ces derniers avaient bâti des églises et des écoles avant de construire leurs maisons et avant de s’occuper de leur bien-être. Si cet esprit pouvait être ranimé aux États-Unis, il serait possible de résoudre les nombreux problèmes raciaux et sociaux de l’Amérique, précisa-t-il.

Aux yeux de Dieu, il n’y a pas de Noirs, il n’y a pas de Blancs,  il n’y a pas de Jaunes. Tâchons de voir la race humaine telle que Dieu la voit. L’Amérique doit renouer avec le véritable esprit fondateur de la nation, les idéaux que ses ancêtres ont cherché à établir avec leur sueur et leur sang. L’Amérique doit revenir au dieuisme, une idéologie absolument centrée sur Dieu.

À cause de l’écho donné au rassemblement à l’époque, la presse mondiale voulut en faire ses gros titres. Ainsi, le magazine Newsweek fit alors sa couverture sur l’Église de l’Unification. Les pages intérieures éclairaient son cheminement et sa situation actuelle; en prime figurait l’une des seules interviews jamais accordées par le révérend Moon.

Le 18 septembre 1976, 300 000 personnes prirent part au Festival du bicentenaire « Dieu bénisse l’Amérique » au monument de Washington. Le révérend Moon espérait que le rassemblement attirerait la bénédiction de Dieu en Amérique en éveillant le pays à l’importance de sa mission dans l’histoire du monde.

Le révérend Moon déclara dans son discours, L’Amérique et la volonté de Dieu, que Dieu avait choisi les États-Unis comme modèle pour établir Son royaume sur terre. L’Église de l’Unification et les États-Unis devaient coopérer pour amener la providence du salut au but ultime : établir le Royaume éternel de Dieu sur terre.

Le révérend Moon appelait les États-Unis à remplir leur mandat de « nation en Dieu », et à créer un monde uni en Dieu. Se définissant comme un « médecin » et un « pompier » venu d’ailleurs pour aider les États-Unis, il proclamait que l’Église de l’Unification avec son « idéologie absolument centrée sur Dieu » avait le « pouvoir d’éveiller les États-Unis, et de les élever comme modèle de la nation idéale sur cette terre. »

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En 1978, le révérend Moon passa quatre mois au Royaume-Uni. Il appela ses disciples du monde entier à venir y travailler, et les envoya dans tout le pays pour un projet d’entraide communautaire. Baptisée Home Church, cette stratégie rappelait la façon dont l’Église avait essaimé en Corée quinze ans auparavant. Chacun était amené à choisir un quartier de 360 foyers et y servir les gens comme exemple de l’amour de Dieu.

1975-1985 : La levée de boucliers

L’appel du révérend Moon à un réveil chrétien des États-Unis fut au départ bien accueilli. Mais ce bon accueil se mit à décliner peu après le message controversé du Watergate, « pardonner, aimer et s’unir. »

Autre point qui alarma l’opinion : l’ascension  rapide du mouvement aux États-Unis. Le public réagissait diversement, avec bienveillance ou alors avec une hostilité qui atteignit  l’illégalité : on est allé jusqu’à enlever et harceler psychologiquement (deprogramming) des disciples, même adultes, pour leur adhésion à l’œuvre de réveil du révérend Moon.

L’atmosphère a tourné à l’hystérie : certains ont voulu voir dans l’enthousiasme idéaliste des jeunes disciples un « lavage de cerveau ». Le révérend Moon lui-même passait pour un hypnotiseur et un agent d’un gouvernement étranger. Même discréditées, les fausses allégations et rumeurs éculées de la Corée furent ressorties et disséminées.

Des politiciens se retrouvèrent alors sous la pression d’électeurs alarmés par la mauvaise presse. Le gouvernement américain lança toute une batterie d’enquêtes officielles sur le révérend Moon mobilisant pas moins de vingt agences fédérales. On mena des auditions au Capitole pour avertir des dangers des nouveaux mouvements religieux.

En 1978, il y eut des auditions du Comité de la chambre sur les organisations internationales; l’Église de l’Unification y fut accusée d’espionnage pour le gouvernement coréen. Présidé par Donald Fraser, un parlementaire démocrate, le comité appela à témoigner le colonel Bo-hi Pak, un des plus proches assistants du révérend Moon.

En 1981, suite à une enquête de l’administration fiscale, un double chef d’inculpation visa le révérend Moon : une évasion fiscale datant de presqu’une décennie et une conspiration. Le révérend et ses avocats firent remarquer – sans avoir gain de cause, hélas – que les sommes concernées étaient des biens de l’Église et non pas du révérend Moon.

Toutes les Églises aux États-Unis jouissent d’une exonération fiscale. Les griefs contre le guide spirituel coréen avaient donc tout l’air d’une attaque sélective contre un dirigeant religieux alors impopulaire. Preuves à l’appui, les avocats montrèrent que le révérend Moon avait investi des millions de dollars aux États-Unis, mais leur plaidoyer ne servit à rien. En 1984, le révérend Moon fut écroué à Danbury, dans le Connecticut. C’était le sixième emprisonnement  de sa vie.

Maints dirigeants chrétiens qui n’avaient jamais connu le révérend Moon ou n’y avaient  pas prêté attention, commencèrent à réaliser que le gouvernement avait commis une attaque lourde et rarissime contre la liberté de culte. Le Conseil national des Églises présidé par le révérend Dean Kelley et des groupes non-religieux représentant en tout plus de 160 millions d’Américains, lui apportèrent leur soutien légal.

Un sous-comité que dirigeait le sénateur Orrin Hatch réexamina le cas et conclut à un traitement injuste contre le révérend Moon.

Le 20 août 1985, le révérend Moon fut libéré au terme de treize mois d’emprisonnement. À sa sortie, d’éminents dirigeants chrétiens des droits civiques, dont le révérend Jerry Falwell de la Majorité morale et le révérend Joseph Lowery de la Southern Christian Leadership Conference, ont tenu une conférence de presse pour déplorer la persécution et l’emprisonnement du révérend Moon et saluer son retour.

Le révérend Dean Kelley déclara : « Toute cette histoire terrible sur l’acharnement du gouvernement américain contre Sun Myung Moon… devrait être lue par chaque Américain qui chérit la liberté religieuse et ne voudrait jamais voir ce déni de justice se répéter. »
L’affaire Danbury eut aussi un effet positif inattendu. À partir de là, les pasteurs américains –  rejoints plus tard par d’autres leaders religieux – se mirent à faire cause commune avec le révérend Moon. Plusieurs dénominations se coalisèrent pour toucher aux problèmes sociaux. Pour commencer une banque alimentaire, le révérend Moon fit don de plus de 200 camions. Alors que la coopération gagnait en profondeur, la Conférence des ecclésiastiques américains vit le jour, et des milliers de pasteurs, d’imams et de rabbins ont soutenu le révérend Moon dans ses tournées de paix et autres initiatives.

1985-1991  : La fin du communisme

En 1982, aux pires jours de l’enquête du gouvernement américain, le révérend Moon fonda le Washington Times, une voix discordante dans la capitale des États-Unis où depuis longtemps le seul quotidien était le Washington Post. Dans les années 1980, le journal dénonça de toutes ses forces le communisme soviétique tout en soutenant les efforts de paix des États-Unis. Le président Ronald Reagan salua le 10e anniversaire du Washington Times en le présentant comme un facteur décisif derrière la chute du communisme et la fin de la guerre froide. Margaret Thatcher a fait de même à l’occasion du 25e anniversaire du journal.

Le révérend Moon fonda l’Association mondiale des médias qui mettait les journalistes américains et soviétiques au défi : visiter leurs pays respectifs dans des missions d’enquête où tous les coups seraient permis – presque une première à cette époque – afin de voir de leurs propres yeux les différences entre les deux systèmes.

Alors qu’il était encore écroué, le révérend Moon demanda à l’Académie des professeurs pour la paix mondiale de tenir une conférence en 1985 à Genève sur « la chute de l’empire soviétique ». Dans une Europe encore polarisée par la guerre froide, divisée par le rideau de fer, la hardiesse de la déclaration semblait une gifle à la raison. Le professeur Morton Kaplan de l’université de Chicago, en charge de la conférence, déclara : « Quand il a fait cette prédiction de la chute du système soviétique d’ici cinq ans, je suis resté interdit. Quand de nombreux invités ont refusé de participer à cause de l’intitulé, le révérend Moon a dit qu’il n’était pas question de changer le titre. »

Toujours en 1985, le révérend Moon réunit la première Assemblée des religions du monde à McAfee, dans le New Jersey. 800 leaders religieux de toutes obédiences vinrent de 70 pays.

À la fin de la même année, le révérend et madame Moon revinrent en Corée pour la première fois depuis sa sortie de Danbury. Deux cents dignitaires religieux et politiques ainsi que des hommes d’affaires et des professeurs visitèrent la Corée pour l’accueillir. Ce jour-là, le révérend Moon saisit l’occasion de dire à nouveau sa certitude que la guerre froide touchait à sa fin et les maux du communisme avec elle. Il rappela à ses hôtes sa critique idéologique systématique et sa contre-proposition au communisme, qu’il avait promue dans le monde. Puis il fonda la Fédération des citoyens pour l’unification de la patrie, axée sur le désir d’unir la Corée du Nord et la Corée du Sud.

L’Amérique du Sud était une autre région menacée par l’expansion marxiste-léniniste. Dans les années 1980, CAUSA International, une fondation pédagogique chargée d’apporter une critique et une contre-proposition au communisme, mena plus de 250 colloques majeurs dans 40 pays. Presque tous ces programmes duraient trois ou quatre jours, et plus de 60 000 personnalités diverses y prirent part. Ces programmes reçurent le soutien actif et la participation de  hauts dirigeants latino-américains. Des conférences CAUSA se tinrent même clandestinement au Nicaragua sous contrôle communiste.

En 1988, la Corée accueillit les Jeux Olympiques. Tour à tour, le monde démocratique et le monde communiste avaient boycotté les jeux précédents de Moscou et de Los Angeles. Pour la première fois depuis plus d’une décennie, les deux moitiés du monde surmontèrent leur fossé idéologique et prirent part aux jeux. Le révérend Moon mobilisa ses disciples pour aller vers les athlètes des pays communistes et tendre une main amicale aux nations encore sous régime marxiste. Un an plus tard à peine, le mur de Berlin tombait; l’audacieuse prédiction du révérend Moon en 1985 était sur le point de s’accomplir.

En 1990, il organisa une conférence de haut niveau à Moscou. La venue de grands noms de la presse et d’anciens chefs d’État scellait un serment fait en 1976 : organiser un jour « un grand rassemblement pour Dieu à Moscou ».

À cette occasion, le révérend et madame Moon rencontrèrent Mikhaïl Gorbatchev, le président de l’URSS. Des entretiens à la presse écrite et audiovisuelle lui permirent de donner aux Soviétiques un message d’espoir, les pressant de se tourner vers Dieu. Grand adversaire du communisme, le révérend Moon exprima sa conviction que l’idéologie était erronée mais qu’il aimait la population des pays communistes.

Les deux hommes devinrent amis, et au début des années 1990 des milliers de volontaires unificationnistes sillonnèrent la Russie et les nouveaux États nés de l’éclatement de l’Union soviétique. Avec l’appui d’enseignants russes, ils créèrent un cours d’éducation du caractère, My World and I (Le monde et moi), pour balayer les oripeaux de l’idéologie marxiste. En retour, plus de 7 000 étudiants et professeurs russes furent accueillis aux États-Unis pour des programmes d’éducation et d’amitié. Après la chute de l’empire soviétique, le révérend Moon finança de nombreux projets pour aider les anciens pays communistes à se diriger vers la démocratie et la liberté.

En  décembre 1991, le révérend Moon se rendit en Corée du Nord et rencontra le président Kim Il Sung, dont le régime l’avait torturé et envoyé au camp de concentration. Il faisait là un pas décisif vers la réunification pacifique des deux Corées. Il s’agissait par ailleurs de voir comment combler le fossé économique entre les deux pays.

Le maître de la Corée du Nord, qui avait supprimé la religion depuis quarante ans, rencontra et accueillit le révérend et madame Moon. Devant l’ennemi, le révérend Moon fit abstraction de ses souvenirs amers, incarnant l’adage proclamé aux États-Unis : « pardonner, aimer et s’unir ».

Depuis la chute de l’URSS, il soutient la reconstruction des sociétés postcommunistes, et investit beaucoup pour développer économiquement la Corée du Nord. Il vise ainsi la réunification définitive et pacifique de la péninsule coréenne. Plus récemment, la Fédération pour la paix universelle a ouvert un centre de congrès pour la paix à Pyeongyang, un des très rares édifices de la capitale nord-coréenne à ne pas être sous contrôle gouvernemental direct.

L’église de l’océan

Toute sa vie, le révérend Moon a voué un amour profond aux fleuves et océans. Il a souvent dit que les océans, qui occupent plus des deux tiers de la surface du globe, sont une ressource fantastique que Dieu a créée pour Ses enfants.

À son arrivée aux États-Unis, il s’est mis à pêcher le bar rayé chaque année dans le fleuve Hudson. Puis ç’a été la pêche au thon, établissant des records de prise d’année en année. Tous les étés, des centaines de jeunes venaient à Gloucester au Massachusetts, apprendre à devenir des pêcheurs et se sensibiliser à l’écologie marine. Le révérend Moon n’a cessé de soutenir un usage raisonnable des ressources de l’océan. Il a créé le programme Ocean Church (« Église de l’Océan ») afin de faire vivre une expérience maritime à des jeunes qui n’auraient jamais quitté la terre ferme autrement. Se tournant vers l’avenir, le révérend Moon a établi des fondations et des entreprises pour l’océan, qui cherchent activement des moyens de résoudre les problèmes de la faim dans le monde en utilisant mieux les ressources de l’océan. Il a créé les  bateaux de pêche Good Go, connus pour leur stabilité et leur efficacité et s’est lancé dans d’autres projets de construction navale.

Sur la scène mondiale

De 1992 à nos jours

Guide spirituel avant tout, le révérend Moon a par ailleurs toujours combattu en première ligne la guerre, l’injustice, la pauvreté et les atteintes à l’environnement. Pour lui, la tâche d’une vraie religion est d’établir le ciel sur la terre pour tous, un monde où les peuples de toutes les nations, les cultures, les races et les religions puissent se réjouir ensemble.

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Le révérend Moon commença comme évangéliste dans la Corée déchirée par la guerre au début des années 1950 avec une poignée de disciples. Il dirige à présent des organisations dans plus de 180 pays. Au début des années 1990, il lança tout un réseau d’activités axées sur la paix mondiale, au-delà des religions, des races et des cultures.

En 1992, ce fut le Festival mondial de la culture et des sports qui se tient tous les deux ans. Plus de 1 200 athlètes se retrouvent en Corée pour un large éventail d’épreuves masculines et féminines. Ils participent également à des activités d’entraide communautaire et s’initient aux bases des autres religions.

L’amour du révérend Moon pour les sports et sa vision du rôle qu’ils peuvent jouer pour susciter la paix s’est manifesté dès le début des années 1970, quand il fonda l’équipe de football de Songnam Ilhwa en Corée. Dans les années 1990, l’équipe remporta régulièrement le championnat national coréen : c’est l’équipe la plus titrée. En Amérique du Sud, il a investi dans les équipes de Cene et Sorocaba. En 2003, le révérend Moon a fondé la King Peace Cup, un tournoi international pour les meilleurs clubs du monde, puis la Queen Peace Cup pour les équipes féminines nationales. La FIFA a reconnu la Coupe de la paix, devenue l’un des plus prestigieux tournois du monde.

Le Conseil au sommet pour la paix mondiale s’adresse aux chefs d’État en exercice ou du passé. Leur sagacité peut stimuler des projets pour la paix mondiale et le bien-être humain. Le révérend Moon a aussi beaucoup investi dans la presse, avec des journaux en Corée, au Japon, aux États-Unis, au Proche-Orient, en Amérique Latine. Si la paix durable doit s’appuyer sur un vrai système de valeurs, les médias compteront plus que les forces militaires pour y parvenir.

En 1992, madame Hak Ja Han Moon a lancé la Fédération des femmes pour la paix mondiale, se fixant pour tâche de proclamer l’idéal de Dieu pour la famille, et elle a entrepris une tournée mondiale de conférences. Exaltant le rôle central des femmes pour créer une société d’harmonie et de paix, elle a pris la parole en des lieux tels que le Capitole à Washington, les Nations-unies à New York, le Kremlin à Moscou, le Palais du peuple de Beijing, la colline parlementaire à Ottawa, etc. Son premier tour du monde en 1993 l’a emmenée dans 41 pays.

Parallèlement, l’offre interreligieuse s’est accrue : les Assemblées des religions du monde ont réuni des dirigeants de diverses traditions, les appelant au respect mutuel et à œuvrer pour empêcher les conflits et les guerres entre personnes de religions différentes. Des jeunes de différentes croyances se sont mis à travailler ensemble sur des projets parrainés par Religious Youth  Service où l’entraide stimule l’apprentissage.

En 1996, le révérend Moon annonça que l’ère de l’Association de l’Esprit Saint pour l’unification du christianisme mondial s’achevait. Il rappela n’avoir jamais voulu créer une nouvelle Église ou une dénomination différente; c’était d’ailleurs l’ère de la religion proprement dite qui expirait.

Dans une cérémonie à laquelle assistaient deux anciens présidents, George H. Bush et Gerald Ford, il créa la Fédération des familles pour la paix et l’unité mondiales. Cette nouvelle fédération entendait mettre en place un réseau de familles de toutes races, religions et cultures, avec la foi que l’amour de Dieu, des mariages heureux et des familles réussies sont les piliers pour résoudre les problèmes les plus aigus de la société.

Autre tâche importante pour bâtir le Royaume de Dieu : restaurer l’environnement. Toute sa vie, le révérend Moon a exprimé son amour actif et profond pour la nature. Quand le mouvement débuta en Corée, ce marcheur infatigable faisait souvent de longues ascensions avec ses fidèles et tenait des services religieux sur les hauteurs. En arrivant aux États-Unis, il  se lança avec ardeur dans la pêche sportive. Il détient d’ailleurs toujours le record de prise de thons sur la côte nord-est.

À la fin des années 1990, le révérend Moon visita le Pantanal au sud-ouest du Brésil. La beauté vierge et l’abondance de la faune et de la flore y sont fascinantes. Il invita de nombreuses familles à venir y passer quarante jours afin de resserrer leurs liens et apprécier par elles-mêmes la beauté du Pantanal. La destruction rapide de l’écosystème par les grandes sociétés et les gouvernements est alarmante, et il a fait venir des experts des États-Unis et d’Australie pour étudier la faisabilité de la reforestation. N’oubliant pas la population locale, il a offert des écoles et donné des ambulances à plus de 30 villes. De plus, en ces terres où le ballon rond est roi, il a investi dans l’équipe de football locale.

Fondée en 1999, la Fédération interreligieuse et internationale pour la paix mondiale a débouché sur la création de la Fédération pour la paix universelle (FPU) en 2005 et de l’ONU de type Abel en 2007. Ces organisations sont actives dans 190 pays et des milliers d’Ambassadeurs de paix œuvrent pour la paix aux plans national et international.

Après le 11 septembre

L’assaut du 11 septembre 2001 sur les États-Unis a vivement ému le révérend Moon. Selon ses plus proches disciples, il serait resté pendant plusieurs jours en prière et en méditation, oubliant le sommeil et la nourriture. Il rapporta ensuite sa vive préoccupation par rapport à la possibilité d’une guerre  religieuse entre le judéo-christianisme et l’islam, demandant à Dieu comment l’éviter.

Le mois suivant, il fit venir des centaines de responsables religieux et politiques du monde entier à New York, et leur exposa ses vues sur la paix interreligieuse. Deux mois plus tard, il parraina une conférence pour des responsables religieux musulmans en Indonésie, sur le thème : « L’islam et l’avenir de la paix mondiale ». Alors que les foules s’interrogeaient sur la possibilité d’une réconciliation pacifique entre les religions, le révérend Moon a toujours cru dans le potentiel de l’islam d’être un partenaire majeur dans la quête de la paix.

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Le révérend Moon s’efforce d’aborder les défis les plus insolubles de notre monde : installer la paix au Proche-Orient et guider les deux Corées vers une issue pacifique. L’initiative de paix au Proche-Orient est typique de son approche de la paix qui fait appel aux dirigeants de tous bords : gouvernements, intellectuels, religions, médias et culture, afin de se rejoindre dans des missions de paix interreligieuses dans les lieux les plus troublés du globe.

Le 12 septembre 2005, après la fondation de la FPU au Lincoln Center de New York, le révérend et madame Moon ont entamé un tour du monde pour la paix dans 100 villes en 100 jours, afin de lancer la nouvelle fédération sur tous les continents. La mission de la FPU n’est rien de moins que d’amener le royaume de paix sur la terre.

Durant la tournée, le révérend Moon exposa aussi son ambitieuse proposition d’un tunnel de la paix au détroit de Béring, pour unir le continent nord-américain à la Russie et au reste du monde, par le rail. Ce lien de paix aiderait à créer un village global.
Dans l’immédiat, la FPU préconise de créer d’urgence un conseil international de dirigeants religieux, civiques et politiques pour soutenir le travail des Nations-unies. Par ses projets, la FPU entend soutenir les objectifs du Millénaire pour le développement. Mais sa mission fondamentale comme ONU de type Abel est de souligner l’importance de la spiritualité et des valeurs universelles dans la poursuite de la paix. Plusieurs membres de la famille Moon ont sillonné le monde dans de multiples tournées depuis 1992. Des Ambassadeurs de paix leur ont ensuite emboîté le pas dans plus de 12 000 villes.

Vision de l’avenir

Toute sa vie, le révérend Moon s’est donné sans compter pour réaliser le rêve de Dieu de construire le Royaume de Dieu au ciel et sur terre. Il a vécu pour cela une vie d’amour vrai, en vivant pour les autres. Malgré ses nombreux succès, il reconnaît que cela ne suffit pas. Dieu, le Père céleste, n’est pas encore libéré de la peine et de la souffrance. Les parents ne peuvent se réjouir que si les enfants sont heureux. Or l’être humain se débat encore dans le malheur, et Dieu souffre toujours. D’où son humilité devant Dieu, et sa résolution à faire plus pour réaliser le rêve du royaume sur terre.

Mais le révérend Moon ne peut pas tout faire tout seul. Cette responsabilité nous concerne tous, comme enfants de Dieu, et comme frères et sœurs, les uns envers les autres. C’est seulement quand chacun accomplit sa responsabilité que la famille humaine tout entière se réjouira.

En août 2012, souffrant d’une pneumonie, il est admis à l’hôpital où son état est jugé critique. Après deux semaines aux soins intensifs, sa santé continue de se détériorer. Il est alors transférer à l’hôpital unificationniste Cheongshim à Gapyeong, au nord-est de Séoul. Entouré des membres de sa famille, Sun Myung Moon s’éteint paisiblement au matin du 3 septembre  2012 (1 h 54 HNC; 2 septembre, 12 h 54 HNE) à l’âge de 92 ans (93 en âge coréen).

Des unificationnistes du monde entier et de nombreux dignitaires ont assisté à la cérémonie de seonghwa (obsèques) le 15 septembre 2012.

Son héritage

Des érudits affirment que l’héritage du révérend Moon durera, non seulement à cause des controverses, mais surtout pour avoir créer une des théologies des plus complètes et des plus novatrices de son époque. Cet héritage est constitué du Principe Divin et d’un volumineux enseignement spirituel, du mouvement de l’Unification répandu aux quatre coins de la terre, de centaines de milliers de familles bénies, ainsi que d’un grand nombre d’organismes culturels et d’entreprises dont le quotidien le Washington Times.
Bien qu’il ne réalisa pas la paix mondiale de son vivant, le révérend Moon a semé abondamment :

« J’ai trouvé chez le révérend Moon un immense esprit œcuménique, un dévouement inconditionnel envers l’unité et la fraternité humaine, un amour sans bornes pour tous les peuples, un engagement total envers l’institution de la famille, une tolérance exemplaire de la diversité humaine et la reconnaissance de son besoin d’harmonie. De plus j’ai trouvé en lui la sagesse de réunir l’Orient et l’Occident, le Nord et le Sud, l’habileté de joindre au sens de l’éternité celui de la réalité contemporaine, l’intelligence de créer un pont entre la science et la foi, le courage de lutter contre la montée de l’hédonisme ainsi qu’une abondance de spiritualité empreinte d’humour et de joie de vivre. (…) Sa place dans l’Histoire est assurée. Il n’en tient qu’à nous, aux quatre coins du monde, d’entretenir les graines qu’il a semées pour le surgissement d’une paix véritable. »

Nicholas N. Kittrie, dans l’avant-propos, The Seeds of True Peace , IIFWP (2002), traduction libre de FFPUM Canada